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Sahel africain : Le terrorisme continue de gagner du terrain

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« Presque toutes les semaines », des militaires et civils, « meurent par dizaines » dans cette région du continent africain.

Tunis (dpa) – Le terrorisme continue de gagner du terrain au Sahel africain où les conditions de sécurité se sont encore détériorées, particulièrement dans le triangle du « Liptako-Gourma », situé entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, et dans le bassin du lac Tchad. Les attaques terroristes menées dans ces trois pays (Burkina Faso, Mali, et Niger) ont fait au moins 4000 morts (civils et militaires) en 2019, selon le « Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel » (UNOWAS).

« Presque toutes les semaines », des militaires et civils, « meurent par dizaines » au Sahel, avait déploré, en février 2020, Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine. Ces derniers mois, les militaires et les forces de sécurité burkinabé, maliens nigériens et tchadiens ont subi de lourdes pertes à la suite d’attaques coordonnées contre leurs positions et leurs patrouilles. Le 23 mars 2020, près de 100 soldats de l’armée tchadienne ont été tués par le groupe terroriste « Boko Haram » : le bilan le plus lourd qu’ait jamais connu cette armée dans sa guerre contre les groupuscules djihadistes.

Acteurs humanitaires encore pour cible par les terroristes

Les attaques terroristes répétées contre des cibles civiles et militaires ont provoqué des déplacements des populations et entraîné la fermeture prolongée d’établissements de santé et d’enseignement. Selon l’UNOWAS, la détérioration des conditions de sécurité au Sahel a encore aggravé une situation humanitaire déjà désastreuse. Dans certaines régions du Burkina Faso, du Mali et du Nigéria, les acteurs humanitaires ont continué d’être pris pour cible par des groupes terroristes.

Les groupes terroristes au Sahel « continuent de profiter de la faible présence de l’État », a déclaré à la dpa, Mokhtar Ben Nasr, ex-président du « Commission National de Lutte Contre le Terrorisme » (CNLCT), en Tunisie. Il a expliqué la persistance des foyers du terrorisme dans plusieurs régions du Sahel par la pauvreté, la marginalisation, le chômage, le manque ou l’absence d’accès aux services sociaux (santé, enseignement, sécurité…) ainsi qu’aux débouchés économiques, outre la corruption.

« Aussi nécessaire soit-elle, la réponse sécuritaire n’est pas suffisante pour éradiquer ce fléau, si on ne s’attaque pas, en parallèle, à ces causes profondes qui favorisent la radicalisation religieuse et le terrorisme », a-t-il insisté.

Liens intrinsèques entre terrorisme et contrebande

Dans ce contexte, il a souligné « l’étroite connivence entre les groupes terroristes et les réseaux de trafic et de contrebande au Sahel ». En effet, « des liens intrinsèques sont tissés entre les groupes terroristes et les réseaux du crime organisé qui collaborent pour faire prospérer leurs affaires. Ces réseaux se développent grâce à la complicité ou la participation d’acteurs locaux, qui tirent des bénéfices dans ces trafics illicites », selon une étude publiée en 2017, par la fondation politique allemande « Friedrich-Ebert-Stiftung ».

« Ces narcotrafiquants ont également des connexions avec les groupes djihadistes qui contrôlent, totalement ou en partie, certains axes transfrontaliers. Il y a donc une véritable imbrication d’enjeux, d’acteurs, de réseaux dans le Sahel pour le contrôle des ressources locales et du narcotrafic dans des zones où l’État est faiblement représenté en termes d’administration et de forces de défense et de sécurité, voire quasi inexistant », d’après la même étude.

Sécurité, développement, résilience, gouvernance et coopération régionale et internationale, sont les mots d’ordre pour contrecarrer la menace terroriste au Sahel, a conclu Mokhtar Ben Nasr.

DPA

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