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Libye : Les ingérences étrangères exacerbent le conflit

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L’embargo sur les armes en Libye n’est toujours pas respecté par tous les pays. « Le conflit est entré dans une nouvelle phase, avec des ingérences étrangères atteignant des niveaux sans précédent », selon le Secrétaire général de l’ONU.

Les ingérences étrangères ont exacerbé le conflit qui déchire la Libye depuis 2011, empêchant ainsi la progression vers une solution politique. Des pays ayant participé à la Conférence de Berlin sur la Libye en janvier 2020 n’ont pas honoré, selon l’ONU, leurs engagements de respecter l’embargo sur les armes en Libye. Institué par les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies 1970 (2011), 2292 (2016) et 2473 (2019), cet embargo inclut la cessation de tout soutien aux belligérants et le retrait de tous les mercenaires armés.

Deux mois après la conférence, 3000 tonnes d’armes ont été introduits en Libye selon le président algérien Abdelmadjid Tebboune, dont le pays partage près de 1000 kilomètres de frontières terrestres communes avec la Libye. Début juillet, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré devant le Conseil de sécurité : « Le conflit est entré dans une nouvelle phase, avec des ingérences étrangères atteignant des niveaux sans précédent. » Selon l’ONU, l’afflux de combattants étrangers et d’armes sophistiquées dans le pays se poursuit sans relâche, et leur utilisation sur le champ de bataille a directement conduit à une intensification du conflit.

Conformément aux recommandations de la Conférence de Berlin, l’Union européenne (UE) avait lancé en avril une nouvelle opération militaire en Méditerranée, baptisée IRINI (« paix », en grec). Elle a « pour mission principale de mettre en œuvre les mesures de l’embargo sur les armes, imposées par les Nations unies, à l’aide de moyens aériens, satellites et maritimes », selon l’UE. Son mandat durera, initialement, jusqu’au 31 mars 2021.

Menaces de sanctions

Le 18 juillet, la chancelière allemande Angela Merkel, le président français Emmanuel Macron et le président du Conseil italien Giuseppe Conte ont menacé d’imposer des sanctions contre les pays qui poursuivent la violation de l’embargo. « Nous sommes prêts à envisager un recours éventuel à des sanctions si les violations de l’embargo en mer, sur terre ou dans les airs se poursuivent » ont-ils prévenu dans une déclaration commune, demandant à « tous les acteurs étrangers de mettre fin à leurs ingérences croissantes » en Libye.

Le ministre fédéral allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a prévenu, le 20 juillet, que « toutes les sociétés, les personnes et les entités » qui violent l’embargo sur les armes pourraient être inscrites, dans un premier pas, sur une liste de sanctions. Dans un deuxième pas, des sanctions pourraient être imposées sur les États d’où proviennent les armes ou les mercenaires, a-t-il averti. « Nous savons que le transport des équipements militaires et des mercenaires se fait, d’une manière récurrente, vers la Libye par le biais de navires et avions affrétés à cette fin. »

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