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Guinée : Alhassane, de migrant irrégulier à médecin à Conakry

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En Libye, « j’ai été arrêté et jeté en prison ». Cette parenthèse migratoire et les souffrances rencontrées ont modifié la façon dont Alhassane perçoit le monde.

De retour au bercail, l’ex-migrant guinéen « Alhassane » se dit « heureux » d’être rentré chez lui « sain et sauf » et de pratiquer son métier de médecin « avec beaucoup d’amour et d’entrain ». En 2014, ce jeune a obtenu un diplôme en médecine à l’université « Gamal Abdel Nasser » de Conakry, capitale de la Guinée. Mais il ne parvient pas à trouver un emploi stable et vit de petits boulots.

En janvier 2017, il décide de prendre la route de la migration irrégulière. « Je suis passé par le Mali, pour aller en Algérie où j’ai fait 7 mois avant de continuer mon voyage vers la Libye. Là-bas, j’ai été arrêté et jeté en prison où je suis resté un mois et deux semaines», a-t-il témoigné à l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM).

« Quelques temps après, le Consul de la Guinée en Libye est passé dans les prisons pour recenser les Guinéens en détention. C’est ainsi qu’il nous a parlé de la possibilité de rentrer, avec l’aide de l’OIM, » a-t-il ajouté. En décembre 2018, il regagne finalement la Guinée. Il partage le vol avec 149 autres migrants qui rentrent chez eux, grâce à l’aide au retour volontaire financé par l’Union européenne (UE) par le biais de son Fonds Fiduciaire d’Urgence pour l’Afrique.

À son retour, Alhassane est déboussolé et empli de honte. Il cultive cependant l’espoir d’un avenir radieux. Avec l’aide de l’OIM, il arrive à réintégrer un cabinet médical, à Conakry. « Dans le cadre de ma réintégration, l’OIM a fourni des produits pharmaceutiques d’une équivalence de 10 millions 300 mille francs guinéens (environ 1000 euros) à la pharmacie du cabinet. J’ai ensuite commencé à travailler au cabinet. Et depuis ce jour, j’exerce le métier de médecin», s’est-il félicité.

Cette parenthèse migratoire, les souffrances rencontrées mais aussi la solidarité entre migrants au sein des centres de détention libyens, a modifié la façon dont Alhassane perçoit le monde. « Dorénavant, je ne vois plus les choses de la même manière. Beaucoup de choses ont changé en moi. Je réalise chaque jour un peu plus la chance que j’ai d’être en vie et je profite pleinement de chaque instant », a-t-il poursuivi.

Alhassane ne se contente pas de soigner ses patients. En cette période de pandémie de Covid-19, il leur rappelle également la nécessité de se protéger. Et quand un jeune fait part de ses intentions de départ par la voie irrégulière, il n’hésite pas à s’appuyer sur sa propre expérience pour le convaincre que ce n’est pas la solution. Depuis 2017, environ 16 mille Guinéens comme Alhassane ont pu rentrer volontairement chez eux grâce à l’Initiative conjointe UE-OIM pour la protection et la réintégration des migrants. Parmi eux, plus de 5600 ont débuté leur réintégration économique et sociale et construit une nouvelle vie, a-t-on rappelé.

DPA

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