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Tunisie, pays le plus propice à la création des startups en Afrique

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Le pays est classé 23ème sur un indice d’attractivité, grâce à une loi perçue comme un cadre réglementaire unique et même « révolutionnaire », dans la mesure où elle a été conçue de façon ascendante, collaborative et participative avec l’ensemble des parties prenantes de l’écosystème des startups.

Parmi les 29 pays du monde les plus propices à la création des startups, trois sont africains : La Tunisie, le Rwanda, et l’Afrique du Sud, selon le « Startup visa programs attractiveness index » (Indice d’attractivité des programmes de visa de startup). Publié le 12 octobre 2020, cet indice est établi par Startups without borders (SWB), une plateforme spécialisée dans la « construction de l’écosystème des startups en mouvement », surtout celles montées par les migrants et les réfugiés.

Classée 23ème, la Tunisie est mieux positionnée dans cet indice que le Rwanda (26ème) et l’Afrique du Sud (28ème). L’État Nord-africain est même mieux classé que des pays ayant beaucoup plus de ressources, comme l’Australie (25ème) et le Japon (27ème). L’indice SWB a mis en exergue la loi tunisienne des startups, adoptée en 2018 et entrée en vigueur le 5 avril 2019. Baptisée « Startup Act », cette loi qui entend promouvoir les startups qui se lancent en Tunisie ou qui s’y installent, fait partie de la stratégie gouvernementale « Tunisie Digitale 2020 ». Cette stratégie vise à faire des TIC « un levier important de développement socio-économique », et de la Tunisie « une référence numérique internationale », selon le ministère tunisien des Technologies de la Communication.

La loi Startup Act est perçue comme un cadre réglementaire unique et même « révolutionnaire » dans la mesure où elle a été conçue de façon ascendante, collaborative et participative avec l’ensemble des parties prenantes de l’écosystème des startups, à savoir notamment : les entrepreneurs, les accélérateurs, les investisseurs, l’administration et la société civile. En septembre, la loi a remporté le prix du meilleur programme pour la catégorie « climat convenable aux affaires » lors du forum SMSI 2020, organisé par l’Union internationale des Télécommunications (UIT).

Avantages et incitations

En vue de rendre la Tunisie une destination attractive pour la création des startups au Sud de la Méditerrané et en Afrique, la loi prévoit une série d’avantages, dont notamment une « bourse de startup » et un « congé pour création de startup » destinés aux potentiels-entrepreneurs comme les jeunes professionnels des secteurs public et privé, chercheurs ou jeunes diplômés. Pour en bénéficier, il faut que les sociétés ou les personnes physiques n’ayant pas encore créé leurs propres sociétés, obtiennent le « label startup ».

La bourse consiste en une allocation d’un montant allant jusqu’à 5000 dinars (plus de 1500 euros) par mois, accordée au cofondateur et actionnaire d’une startup en lancement « pour couvrir les charges de vie » pendant une année. D’une durée d’une année renouvelable une seule fois, le congé pour création de startup est accordé au cofondateur d’une startup pour qu’il se consacre à plein-temps au lancement et au développement de son projet. Le bénéficiaire de ce congé peut y mettre fin à tout moment et revenir à son emploi d’origine, moyennant préavis.

Il s’agit également d’une prise en charge par l’État des procédures et frais d’enregistrement des brevets des startups au niveau national et international, ainsi que leurs charges salariales et patronales. Dans ce contexte, la startup est exonérée de l’impôt sur les sociétés et a le droit d’ouvrir un compte spécial en devises qu’elle alimente librement par des apports en capital, en quasi-capital, en chiffre d’affaires et en dividendes en devises. Elle peut investir, librement et sans autorisations, les avoirs de ce compte pour acquérir des biens matériels ou immatériels, créer des filiales à l’étranger et prendre des participations dans des sociétés à l’étranger.

Plus de réformes sont nécessaires

Bien qu’il soit « révolutionnaire », le Startup Act « ne peut être qu’un premier pas vers une économie numérique florissante » en Tunisie, selon l’universitaire Katrin Sold, chercheuse au Centre d’études du Proche et du Moyen-Orient (CNMS) de l’Université Philipps de Marburg, en Allemagne. « Des réformes profondes dans des domaines tels que la politique monétaire et financière (…) seront également nécessaires », a-t-elle recommandé.

« Permettre aux startups de créer un compte en devises étrangères ne peut être qu’une solution provisoire ». En effet, les réglementations tunisiennes « limitent la convertibilité du dinar en devises étrangères, empêchant ainsi les petites entreprises innovantes d’entrer sur le marché mondial », a-t-elle fait remarquer. Même si le secteur des startups se développe rapidement en Tunisie, son activité commerciale reste fortement concentrée dans la capitale Tunis et dans quelques autres villes côtières, a-t-elle constaté. Cette concentration empêche selon elle de remédier au chômage élevé des jeunes dans les régions intérieures marginalisées du pays.

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