Banner

Afrique : Les armes ont « continué de parler » en 2020

0

Pour faire taire les armes et prévenir leur utilisation comme mode de règlement des différends politiques en Afrique, il faut s’attaquer « sans faiblesses » aux « causes profondes de leur utilisation ».

Les armes ont « continué de parler » en Afrique l’année écoulée malgré le fait que le mois de décembre 2020 était fixé comme date butoir pour « faire taire les armes » dans le continent, selon l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA). Ce plan stratégique visant à atteindre l’objectif de développement inclusif et durable en Afrique sur une période de 50 ans, avait été adopté en 2013 à l’occasion du 50ème anniversaire de l’organisation intergouvernementale d’États africains.

« Faire taire les armes : Créer des conditions propices au développement de l’Afrique », tel était le thème choisi par l’UA pour l’année 2020. En dépit de cette volonté politique, les armes « continuent de parler et même bruyamment dans de nombreuses régions du continent », a déploré Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’UA. Il s’exprimait le 6 décembre 2020, lors du 14ème Sommet extraordinaire de l’UA.

« Partout dans le monde, [les armes] se sont tues ou ont diminué d’intensité. En Afrique, elles continuent de circuler abondamment, parfois plus que dans les régions ou elles sont fabriquées », a-t-il regretté. « Notre Continent est celui, hélas, qui abrite le plus grand nombre de foyers de violence. Aucune région de l’Afrique n’échappe en réalité à leur ravage », a-t-il ajouté.

Absence de contrôle de la profusion des armes

La profusion des armes et l’absence quasi-totale de leur contrôle ont augmenté toutes les formes de violence : conflits intercommunautaires, extrémisme violent, grand banditisme urbain et rural, braconnage à grande échelle, trafics de tout genre, a-t-il fait remarquer. Selon Faki Mahamat, pour faire taire les armes et prévenir leur utilisation comme mode de règlement des différends politiques, il faut s’attaquer « sans faiblesses » aux « causes profondes de leur utilisation ».

Ces causes, a-t-il expliqué, sont les déficiences de l’État dans la gouvernance politique et économique, qui se traduisent concrètement par l’injustice, l’exclusion, l’extrême pauvreté, la dégradation du système éducatif, voire la carence des services sociaux de base, la corruption et l’absence de dialogue. « Aux manquements de l’État dans l’accomplissement de ses obligations, s’ajoutent comme facteurs de complication les convoitises et les interférences étrangères dont les intérêts et motivations sont aux antipodes de ceux de l’Afrique », a-t-il soutenu.

Instruments pour éloigner les risques d’utilisation

Faki Mahamat a aussi pointé du doigt la dégradation des conditions climatiques, la multiplication des catastrophes naturelles, et la propagation des pandémies, à l’instar de la Covid-19, comme causes des conflits en Afrique. Pour le président de la Commission de l’UA, faire taire les armes dans le continent demeure « à la portée » des États africains. Il « repose sur le leadership des dirigeants dans le règlement des crises et la promotion d’une gouvernance vertueuse et efficace ».

« La présence rassurante de l’État, la primauté de la justice, l’éradication de la pauvreté, le respect scrupuleux des mécanismes institutionnels, le choix définitif du dialogue, etc, méritent d’être promus, en tant qu’instruments d’éloignement de tout risque d’utilisation des armes », a-t-il souligné.

Leave A Reply

Your email address will not be published.