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Au Mali, le pouvoir dominé par les militaires annonce des élections début 2022

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Les autorités de transition maliennes dominées par les militaires ont fixé jeudi à février-mars 2022 les élections présidentielle et législatives au terme desquelles elles se sont engagées à rendre le pouvoir à des dirigeants civils.

Un petit groupe de colonels a renversé le 18 août 2020 le président Ibrahim Boubacar Keïta après des mois de contestation dans le pays, en pleine tourmente sécuritaire et politique depuis des années.

Sous la pression notamment des pays d’Afrique d’Afrique de l’Ouest, les militaires ont mis en place des organes de transition (présidence, Premier ministre et gouvernement, organe législatif), qu’ils dominent largement, et se sont engagés à rendre sous 18 mois le pouvoir à des dirigeants civils élus.

Les premiers tours de la présidentielle et des législatives auront lieu le 27 février 2022, et d’éventuels seconds tours respectivement les 13 et 20 mars, a indiqué jeudi le ministre de l’Administration territoriale, le lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga.

Ce double scrutin s’inscrit « dans le cadre strict du respect de la durée de la transition, c’est-à-dire 18 mois », a-t-il souligné.

Ces élections seront précédées le 31 octobre par un référendum qui doit permettre une révision, promise de longue date, de la Constitution.

Des élections régionales et locales sont également prévues le 26 décembre.

L’annonce d’un calendrier électoral était attendue avec une impatience croissante par la communauté internationale et faisait l’objet de nombreux débats depuis des mois à Bamako, notamment sur la capacité ou la volonté des autorités de transition à les organiser.

En février, le Premier ministre du gouvernement de transition, Moctar Ouane, avait promis que « tous les moyens » seraient mis en oeuvre pour organiser des élections « libres et transparentes » dans les délais convenus.

– « Zone des trois frontières » –

Les partenaires internationaux du Mali, qui ont pris acte du renversement du président Keïta et de la mise en place d’une transition, ont de nouveau fait pression sur les hommes forts de Bamako, refusant que les militaires s’éternisent au pouvoir.

Au Conseil de sécurité de l’ONU début avril, les Etats-Unis ont réclamé un « calendrier définitif confirmant les dates du processus électoral ».

« Ces élections représentent le test décisif de la transition actuelle et une étape nécessaire vers le retour du Mali à la règle constitutionnelle », a dit le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix. Paris, pour sa part, a « encouragé » Bamako à « accélérer les préparatifs ».

La France combat depuis 2013 les jihadistes au Sahel, avec actuellement 5.100 hommes au sein de l’opération Barkhane. L’ONU est présente au Mali avec quelque 13.000 Casques bleus et 1.700 policiers.

Depuis 2017 s’est ajoutée à ce dispositif la création par l’organisation régionale G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Tchad, Burkina Faso, Niger) d’une force conjointe antijihadiste.

Deux soldats d’un bataillon tchadien de cette force envoyé en février dans la « zone des trois frontières », aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso, ont été tués jeudi par une mine artisanale au passage de leur véhicule dans le centre du Mali, selon la Minusma et une source diplomatique tchadienne.

Basé dans le sud-ouest du Niger, ce bataillon est le seul de la force conjointe du G5 Sahel à être déployé en dehors de ses frontières nationales.

Le Mali et ses voisins nigérien et burkinabè sont pris dans un tourbillon de violences jihadistes, intercommunautaires ou autres qui ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

Dans un rapport publié mardi, une coalition citoyenne d’ONG de la sous-région s’inquiétait que les « premières victimes » de ces violences soient les civils. Le nombre de civils tués « n’a jamais été aussi élevé qu’en 2020 », selon ce rapport.

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